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Hôpital de Cam de Prats

En 1834, le Maire de la ville de Bayonne, voulant éteindre une mendicité devenue insupportable, eut la pensée de provoquer la fondation d'une société. Il convoqua un bon nombre d'habitants notables et l'assemblée nomma une commission qui fut chargée de recueillir des souscriptions dans tous les quartiers de la ville, de rédiger un projet de statuts pour la société à créer et de constituer un établissement destiné à l'extinction de la mendicité. Un bal fut organisé par Emile Destroyat et les fonds ainsi récoltés permirent l'achat de la propriété destinée à abriter l'hospice.

La commission fut d'avis que la maison la plus propre à la destination projetée était le domaine de Cam de Prats, dont le propriétaire consentait l'aliénation moyennant la somme de 28 000 F (...). Le comité, dans sa séance du 14 avril 1835, autorisa la commission à poursuivre l'acquisition de cet immeuble.

Le 24 avril 1835, les membres du comité réunis adoptèrent les statuts de la société qui prend le titre d'Association de Bienfaisance.

Le but que se propose la société est :

1/ la suppression complète et immédiate de la mendicité dans la commune de Bayonne

2/ le soulagement de cette portion de la classe indigente connue sous le nom de Pauvres Honteux.

  • Art. 1er : La société se compose de toutes les personnes qui, par des souscriptions volontaires, auront concouru au double but qui vient d'être indiqué. ...
  • Art. 16 Aussitôt que la société aura été complètement organisée, il sera, par les soins du comité central, formé un établissement suffisant pour servir d'atelier de travail et de maison de refuge aux mendiants nés dans cette commune ou qui, par une résidence plus ou moins longue, y auraient acquis leur domicile légal, auxquels les malheurs de leur situation ne laisseraient plus, à l'avenir, d'autres moyens d'existence que la mendicité.
  • Art.22 : Tout mendiant qui, par son insubordination ou tout autre cause, serait d'un fâcheux exemple pour ses camarades pourra être renvoyé de l'établissement en vertu d'une délibération prise par le comité central"

Considérant que le meilleur moyen de placer l'établissement sous la protection de la loi était de le rendre communal, le comité général, sous la présidence de M. le Maire, décida, le 23 avril 1836 : " Autoriser la commission de faire remise à la Ville du domaine de Cam de Prats et du restant des souscriptions, à la charge par celle-ci de rendre ledit domaine propre à une maison de refuge destinée à recevoir les mendiants, à leur procurer du travail proportionné à leurs besoins. "

Le 1er avril 1836, les commissaires de l'association charitable, après avoir acquis le domaine de Cam de Prats par acte notarié, en firent donation à la ville par un autre acte passé le même jour par-devant le même notaire, à charge pour la commune de Bayonne :

  1. de consacrer exclusivement le dit domaine de Cam de Prats à l'établissement d'une Maison de Refuge destinée à recevoir les mendiants nés et domiciliés dans la commune de Bayonne.

  2. de les nourrir et vêtir.

  3. enfin, de leur procurer du travail proportionnellement à leurs forces et à leurs capacités.

Le Conseil Municipal approuva cette donation par sa délibération du 8 du même mois. Ainsi naquit l'hospice de Cam de Prats, rattaché le 1er janvier 1888 à l'hôpital Saint-Léon.

L'hôpital de Cam de Prats : des services de psychiatrie et de gériatrie

En 1965, la maison de retraite Bichta Eder voit le jour sur le site de Cam de Prats, permettant d'accueillir des personnes âgées valides.

En 1972, alors que tous les patients de la Côte Basque relevant d'une pathologie psychiatrique étaient auparavant hospitalisés au Centre Hospitalier spécialisé de Pau, l'ancien sanatorium de Larressorre est choisi pour abriter un service de psychiatrie capable de prendre en charge les patients de la Côte Basque. En 1975, Bellevue (bâtiment du site de Cam de Prats) accueille à son tour une partie de ces patients. Dans le même temps une unité pour personnes âgées non valides est construite : l'Arrayade.

Dans les sous-sols de l'Arrayade, en 1978, est installée la nouvelle cuisine centrale, suite à son déménagement de Saint-Léon.

Plus tard, en 1984, la blanchisserie est elle aussi installée.

En 1995, l'ensemble des services de psychiatrie de Larressorre déménagent sur le site de Cam de Prats. Ce déménagement a nécessité la rénovation et l'agrandissement du bâtiment de Bellevue, et dans le même temps, la démolition de l'ancien hospice de Cam de Prats. Rapprocher les services de psychiatrie de la cité et de ses réseaux (sociaux, culturels, économiques, sportifs...) ainsi que de l'hôpital et des services de consultations et d'urgence, ne pouvait que favoriser l'intégration des malades dans la société. Ainsi, sont regroupées sur trois étages six unités d'hospitalisation psychiatriques à temps complet, soit un total de 120 lits, auxquels s'ajoutent les 7 CMP et 3 CATTP répartis sur la zone d'action géographique du Centre Hospitalier.

Cette restructuration a également permis la construction de Goxoki, autre unité pour personnes âgées dépendantes en complément de l'Arrayade, dont le projet avait vu le jour en 1988 avec le troisième plan directeur.

Par la suite est engagée la restructuration de l'Arrayade : deux unités ou " cantous " (coins du feu) pour personnes âgées désorientées, appelées Les Maisons de l'Arrayade (la " Maison Bleue " et la " Maison Verte "), sont construites en 1999, permettant d'accueillir des personnes âgées présentant une maladie d'Alzheimer. Dans le même temps, le bâtiment existant de l'Arrayade est restructuré afin d'améliorer l'espace réservé aux personnes âgées : restructuration d'une surface de 4000 m², extension neuve de 400 m², création d'une salle polyvalente de plus de 200 m² et création d'une salle de kinésithérapie de 60 m².

Aujourd'hui, les services de Gériatrie de l'hôpital de Cam de Prats peuvent ainsi accueillir 258 personnes âgées grâce à quatre structures (Bichta Eder, l'Arrayade, les Maisons de l'Arrayade et Goxoki).

Sources : article de P. Boudet, archives de l'hôpital