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Hôpital St-Léon

En 1194, le premier hôpital aurait été construit à l'emplacement de la Fontaine Saint-Léon contiguë au Trinquet de l'Aviron Bayonnais. C'est en 1532, qu'au même endroit est construit l'Hôpital Saint-Nicolas, fondation ecclésiastique dont la charge est assurée par le Prieur Saint-Nicolas.

Le projet de construction d'un hôpital neuf voit le jour en 1567, et en 1663 l'hôpital prend le nom de Saint-Léon, patron de la ville, entraînant un conflit entre la ville et le corps ecclésiastique portant sur la répartition des responsabilités de l'administration.

L'Hôpital Saint-Léon est ensuite installé à la Maison Dagorette (actuel Musée Basque) en 1664. En 1689, l'Hôpital Saint-Nicolas est détruit pour construire les remparts et c'est alors que le Prieur, le Maire, les échevins et les directeur entament des discussions sur leurs droits et obligations à l'égard de l'hôpital.

En 1724, par intervention du Roi, l'hôpital particulier Saint-Léon tiendra lieu d'hôpital général. Huit directeurs sont alors nommés et, grâce à l'apport de fonds d'Etat, l'Hôpital est ouvert aux pauvres et aux mendiants de tous horizons.

Par la suite, afin d'accroître les moyens financiers de l'établissement, les biens de l'Hôpital Saint-nicolas et ceux de Saint-Léon sont réunis en 1738, et en 1746 les statuts et règlements de l'Hôpital Saint-Léon sont précisés :

  • L'Evêque est de droit le Président du bureau de l'Hôpital. En son absence, le Maire ou le Premier échevin est responsable.

  • La propriété est reconnue à la ville, le logement de l'aumônier est à la charge de l'hôpital.

  • Huit directeurs sont nommés parmi les notables de la ville (dont deux sont renommés le 21 décembre de chaque année).

De "refuge" à Centre Hospitalier

Le XIX ème siècle présente une nouvelle étape dans l'histoire hospitalière de la ville, étape qui va s'inscrire physiquement dans l'architecture de la cité avec la création d'un nouvel hôpital.

La nécessité d'un nouvel établissement, moderne et correspondant aux normes et aux besoins de l'époque se fait sentir dès le début du XIX ème siècle, une fois terminés les troubles liés à la Révolution et à l'Empire. La maison Dagorette, l'actuel Musée Basque, connue déjà sous le nom d'hôpital Saint-Léon devient, en effet, de plus en plus inadaptée au fur et à mesure que la fonction hospitalière passe d'une mission d'assistance et de bienfaisance à une mission de soins.

La réalisation de cet hôpital moderne est rendu possible grâce au don de Jacques Lormand, membre d'une grande famille bayonnaise.

Grâce à cette donation, la Commission Administrative de l'hôpital prend la décision d'acheter en 1852, le domaine de Tosse comptant un peu plus de 8 hectares sur les hauteurs de Bayonne pour y construire le nouvel établissement. Il faut attendre cependant dix ans pour qu'un architecte soit nommé. Il s'agit de M. GEUFROY, par ailleurs architecte de la ville de Cherbourg, qui fait accepter notamment le revêtement des bâtiments en briques anglaises. La première pierre est posée le 27 septembre 1864 ; l'hôpital est visité par l'Impératrice Eugénie en 1866. Les travaux sont achevés en mars 1867 et l'inauguration des bâtiments a lieu un an plus tard le 22 mars 1868.

Après son installation définitive en 1868 sur le Domaine de Tosse, l'hôpital Saint-Léon a connu plusieurs modifications...

A l'origine

L'édifice originel de 1868 compte deux ailes séparées par la chapelle. L'aile droite regroupe le lieu d'hospitalisation des femmes, la salle d'opération, une crèche et un dortoir d'enfants trouvés. L'aile gauche abrite l'administration, les chambres des malades payants, un quartier de contagieux et la salle du Conseil d'Administration. A l'extérieur : le château de Tosse (conservé et transformé en buanderie), la ferme dotée d'une étable et d'une porcherie, deux maisons habitables et un four crématoire complètent la liste des bâtiments nécessaires au fonctionnement. Le reste du terrain, traversé par le ruisseau de Chauron, est occupé par des terres labourables sur lesquelles sont cultivés les produits nécessaires à la consommation de la population vivant à l'hôpital : les malades, les sœurs de la communauté et le personnel sédentaire.

La rénovation

A cette structure d'origine se rajoutent au fil du temps de nombreux édifices permettant de répondre aux nouvelles missions qui lui sont affectées.

La première modification intervient en 1902 avec la construction d'un bloc opératoire. En 1930, un pavillon pour tuberculeux voit le jour suite à un don de M. Lesca. Un programme de rénovation est lancé en 1950. A partir de 1953, l'hôpital Saint-Léon connaît d'importantes améliorations tant au niveau technique que du point de vue du confort. De nombreuses créations se succèdent : le bloc chirurgical, un service de radiologie, des travaux de cloisonnement des salles sont réalisés en 1956. En 1957, la buanderie est aménagée, le chauffage central est installé. Une unité de pédiatrie et la maternité sont créées en 1958 et 1961. En 1960, le téléphone est installé, le laboratoire aménagé, puis un bâtiment préfabriqué permet d'abriter la lingerie. La réanimation et les moyens mobiles de secours apparaissent en 1963. En 1965, la cuisine, la buanderie et le laboratoire sont réorganisés.

Le premier plan directeur et le premier programme des besoins (pour 1550 lits) sont établis en 1967, suivis la même année par la restauration du Pavillon Lesca. Les services administratifs sont regroupés dans un préfabriqué en 1968, le nouveau bâtiment dit de la clinique médico-chirurgicale voit le jour dans les années 70, ainsi que les consultations externes, la radio cardio-vasculaire, un service de réanimation de 10 lits et le groupe électrogène. Entre 1972 et 1973, 2 services de médecine et un laboratoire sont crées.

Le deuxième plan directeur est étudié le 25 avril 1974 et va rythmer les évolutions de la décennie :

  • 1974 : création du service d'hémodialyse et de la station d'épuration

  • 1975 : la salle commune est transformée en service de neurochirurgie

  • 1976 : création d'une unité de pédiatrie et du service de radio-isotopes

  • 1977 : construction d'une Unité de Soins normalisée de Médecine (USN) suite à une délibération du Conseil d'Administration du 20 octobre 1970.978 : construction de l'école d'infirmières, déménagement de la cuisine sur le site de Cam de Prats

  • 1980 : création du SAMU, du plateau technique, d'une USN de Chirurgie et aménagement du dispensaire 1981 : création du service de gynécologie-obstétrique

  • 1982 : création des services de cardiologie et pneumologie

  • Juillet 1984 : acquisition d'un scanner corps entier, déménagement de la blanchisserie sur le site de Cam de Prats

  • 1985 : démolition de l'ancienne blanchisserie dans le lieu-dit " château de Tosse " (construction d'une nouvelle blanchisserie à Cam de Prats), création d'un Service d'Accueil pour les Suicidants (SAS), premier du genre en France.

Le troisième schéma directeur et de restructuration est élaboré en 1986, puis adopté en 1987 :

  • 1986 :aménagementdu service d'hémodialyse

  • 1987 : mise en place du service d'hématologie clinique, installation de la Gamma-caméra au laboratoire de radio-isotopes

  • 1988 : rénovation du Pavillon Lesca pour y installer les services administratifs

  • 1989 : construction du hall d'accueil qui relie les trois bâtiments existants (Pédiatrie, USN et bâtiment de briques), installation du nouveau standard téléphoniqu

  • 1991 : installation d'une IRM en association avec le secteur privé

  • 1992 : ouverture d'une nouvelle maternité, à côté de la Pédiatrie, pour former un bloc mère-enfant

Le quatrième plan directeur est mis en place en 1993, annonçant la restructuration du site avec la construction de 33 000 m² de locaux neufs et la rénovation du bâtiment de briques, et ce jusqu'en 2007 (Opération " Hôpital neuf ") :

  • Juin 1997 : mise à disposition d'un parking pour le personnel de l'établissement (travaux débutés en 1996)

  • 1998 : installation du Centre de Transfusion Sanguine

  • 2000 : construction d'un nouveau bâtiment abritant les urgences, l'IRM, le scanner et le service de radiologie

  • 2003 : début de l'opération " Hôpital neuf " : démolition du hall d'accueil

  • 2004-05 : agrandissement et modernisation de la maternité

  • 2003 -2013 : restructuration complête du site de Saint Léon

Le site central de Saint-Léon, de ce qui est devenu le Centre Hospitalier de la Côte Basque après le rattachement de l'hôpital de St-Jean-de-Luz et de l'hôpital psychiatrique de Larressore dans les années 70, a connu il y a peu  une nouvelle restructuration complète   Ce gigantesque chantier a permis , de concilier l'intérêt patrimonial de la conservation de bâtiments du XIXeme siècle et les contraintes imposées par les nécessités de fonctionnement d'un hôpital du XXIeme siècle. Cette restructuration qui a duré 10 ans s'est achevée en février 2014 avec l'installation des derniers services de soins dans des bâtiments neufs ou restructuré

La décision de rénover le Centre Hospitalier sur place et non pas de construire un hôpital neuf totalement excentré, est portée par l'histoire de Bayonne et de son agglomération. Le développement au cœur de la ville de la mission de soin, l'affirmation du rôle de l'hôpital comme acteur important dans la vie de la cité restent ainsi dans la lignée de l'action développée durant les siècles précédents : une tradition d'hospitalité et de soin au cœur de la ville.